Engagés pour le rajeunissement des navires de pêche

La pêche professionnelle est confrontée à un défi majeur : le vieillissement de sa flotte de navires. Les pêcheurs passent de longues heures en mer, faisant face à des conditions climatiques parfois extrêmes. Dans ce contexte, la sécurité des équipages est une priorité absolue. Aussi, le renouvellement de la flotte, est un enjeu important car des conditions de travail optimales sont essentielles pour assurer la sécurité et le bien-être des équipages en mer.
Un environnement de travail sûr et confortable permet non seulement de réduire les risques d’accidents et de prévenir les maladies professionnelles, mais aussi d’attirer de nouveaux talents et de garantir la pérennité de l’activité de pêche à long terme. Pourquoi la modernisation de la flotte, mais surtout son rajeunissement est un des engagements collectifs de l’OP du Levant ? Quels sont les enjeux et les avantages de cette démarche ?

Sécurité et amélioration des conditions de travail

Risques liés aux navires vieillissants : les navires anciens présentent des risques pour les pêcheurs en raison de leur état de dégradation et de l’usure des équipements.

Confort et efficacité au travail : les nouveaux navires sont conçus pour offrir un environnement de travail plus sûr et plus confortable, des systèmes de sécurité avancés et des espaces plus adaptés. En améliorant l’environnement de travail, ce métier devient plus attractif, contribuant ainsi au renouvellement des pêcheurs.

Prévention des maladies professionnelles : les nouveaux navires sont souvent conçus pour offrir un environnement de travail plus sain, avec une meilleure ventilation, une gestion plus efficace des déchets et des matériaux non toxiques.

Un impératif économique

Création d’emplois et stimulation de l’économie locale : le renouvellement de la flotte nécessite la construction et l’entretien de nouveaux navires, ce qui génère des emplois. Cela stimule l’économie locale et contribue à la revitalisation des communautés côtières dépendantes de la pêche.

Réduction des coûts opérationnels à long terme : bien que l’investissement initial dans de nouveaux navires puisse être significatif, ces navires sont souvent plus économes en carburant et nécessitent moins de réparations et de maintenance à long terme, améliorant ainsi la rentabilité globale de l’entreprise.

Amélioration de la qualité du poisson et des normes sanitaires : les équipements modernes permettent une manipulation plus efficace du poisson à bord, ce qui contribue à préserver sa fraîcheur et sa qualité.

Réduction énergétique et préservation de l'environnement

Réduction de la consommation de carburant : les navires plus modernes sont généralement plus économes en carburant en raison de leur conception améliorée et de l’utilisation de technologies plus efficaces. Cela réduit l’empreinte carbone de l’activité de pêche.

Meilleure gestion des déchets : les nouveaux navires intègrent souvent des systèmes de gestion des déchets plus sophistiqués, permettant de collecter, trier et éliminer les déchets de manière plus responsable.

Atténuation du changement climatique : la réduction des émissions de gaz à effet de serre contribue à atténuer le changement climatique et ses effets sur les océans. En adoptant des pratiques de pêche plus économes en énergie, en favorisant l’utilisation de carburants moins polluants et en investissant dans des technologies de propulsion plus propres.

Concrètement que faisons-nous pour rajeunir la flotte ?

Ils s’appellent Paul-Joseph, Gabriel ou Eddy, ils sont trois de nos coopérateurs à s’être installés, pour la première fois, à la pêche avec un navire neuf en 2023. En moyenne, ils ont 30 ans et leur premier navire mesure 8 mètres. Aucun n’a bénéficié d’une subvention publique. Deux d’entre eux ont bénéficié d’une aide de France Filière Pêche. En 2023, deux autres de nos coopérateurs ont également pu investir dans un navire neuf et dix coopérateurs ont pu partiellement moderniser leurs navires. Nous avons essayé, malgré le jeune âge de notre structure, de tous les accompagner dans ces démarches. Cela s’est traduit par un soutien dans l’obtention des financements, ainsi qu’une assistance technique et administrative pour faire face aux démarches d’entrée de leurs navires dans la flotte de pêche française.
L’OP du Levant est également intervenue sur un plan réglementaire. Historiquement, les titulaires d’une Autorisation Européenne de Pêche pour la pêche au thon rouge se trouvaient confrontés à un obstacle majeur pour changer de navire. En effet, selon les règles en vigueur, le nouveau navire devait avoir une jauge UMS (Unified Measurement System) égale ou inférieure à celle de l’ancien. Cette contrainte constituait un frein important au renouvellement des navires de la flottille thon rouge, contribuant ainsi au vieillissement général de la flotte de pêche. C’est pourquoi l’OP du Levant a milité pour la suppression de cette obligation. Grâce à ses efforts, plusieurs adhérents ont pu changer leur navire pour des unités de taille similaire mais plus récente (les règles de calcul de jauge ayant évolué créant un décalage en défaveur des anciens navires), facilitant ainsi le renouvellement de la flotte. Il est à noter que les pêcheurs n’ont pas intérêt à opter pour des navires plus gros, car cela entraînerait une charge financière trop lourde pour l’entreprise de pêche. En effet, avec les charges d’un navire beaucoup plus grand, le quota de pêche, lui, n’augmenterait pas, créant ainsi un goulot d’étranglement financier.
Ces initiatives ont également un impact sur le développement de l’économie locale. En effet, tous les nouveaux navires issus du renouvellement des flottes des adhérents de l’OP du Levant ont été construits dans des chantiers navals en France, et même en Méditerranée française.
En 2024, l’OP du Levant poursuit son engagement collectif pour une flotte de pêche plus adaptée parce que nourrir la population doit être un métier d’avenir.